dimanche, octobre 15, 2006

Crêpe et Cuir


Les lettres rouges au dessus du rideau de fer résonnent curieusement dans ma tête. « Crêpe et Cuir ». Nous ne sommes pourtant pas rue de la Gaieté ni dans quelconque quartier chaud où des demoiselles en Bigouden auraient trouvé un concept original et dans le ton, rouge. Rouge, mais pas à cause de la confiture de fraise. Non, je suis simplement dans mon quartier, juste à la périphérie des rues dont l’ai l’habitude, à la recherche d’une boulangerie ouverte. Crêpe et Cuir, j’ai du mal à m’y faire mais l’idée me séduit. J’essaie d’imaginer des serveuses corsetées et lacées de cuir. Hanches rebondies, elles servent avec ferveur les spécialités de la maison, crêpes au gingembre ou galette de clous, un liquide jaune, acre et acide dans des bols à liseré rouge. Non ce n’est pas du cidre ! Non ! Des serveuses en bigouden de cuir, dentelle de Mords-Lez dans une ambiance feutrée où le chuchotement des conversations est zébré de claquement de fouets, secs brefs et réguliers. Pour le digestif, dans des alcôves où la patronne vous retrouve pour quelques coups de fouet en friandise, vous regrettez déjà de ne pas avoir choisi un couscous, comme d’habitude. « Crêpe et Cuir » ?

J’ai enfin trouvé une boulangerie. Les croissants à la main, je remonte l’escalier. C’est en ouvrant la porte que je réalise, « Crêpe et Cuir », je suis juste passé devant la vitrine du tout nouveau cordonnier.